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Mister W – En quête d’authenticité

Le vintage n’a jamais été autant à la mode qu’aujourd’hui : sa recherche en est presque devenue une normalité, faisant passer tout ce qu’il a l’air trop neuf pour quelque chose de ringard. C’est l’époque qui veut ça, marquée par la montée en puissance des magasins-chaines, des réseaux sociaux et, paradoxalement, de la recherche d’authenticité. C’est ce que décrit Jean-Laurent Cassely, essayiste et journaliste à Slate dans son dernier ouvrage NO FAKE, Contre-histoire de notre quête d’authenticité.

Jean-Laurent Cassely s’intéresse à décrypter plus qu’analyser la version contemporaine de la recherche d’authenticité, portée à l’origine par le mouvement hispter, né à Brooklym dans les années 2000. Aujourd’hui, la quête d’authenticité est toujours là, caractérisée par l’obsession du vintage, des micro-brasseries et du casual, recherche devenue presque névrotique avec la montée en puissance des réseaux sociaux et surtout d’Instagram. De qui parle-t-on ? Les millenials, cet ensemble de personnes nées entre le début des années 80 et la fin des années 90, aujourd’hui plutôt jeunes branchés et hyper-urbains. Oui, il paraît qu’un hipster sommeille en chacun de nous…

L’obsession du vrai, de l’authentique, sortir de la mondialisation, refuser les destinations touristiques de masse, trouver le restaurant inconnu, vivre une expérience unique… et la montrer sur Instagram ! Paradoxalement, dans cette quête d’authenticité très contemporaine, Instagram a créé une standardisation d’un mouvement qui voulait s’écarter de... la standardisation.

En effet, à force de vouloir faire différemment, il est apparu une nouvelle charte graphique uniforme et même une nouvelle charte d’existence, une vie « instagrammé » (ou « instagrammable » … En témoigne la popularité de ce réseau dédié aux photos montrant des endroits plus beaux qu’en vrai, avec les mêmes codes graphiques. Ainsi, d’une photo à l’autre, il est très difficile d’en identifier le lieu.

Face à une esthétique uniforme dans cette recherche du vrai, les hashtags tels que #NoFilter sont là pour ajouter encore plus d’authenticité dans une photo immortalisant un lieu déjà authentique, objet d’une expérience elle-aussi… authentique. C’est en quelque sorte vouloir rendre plus authentique la recherche d’authenticité.

Pourtant, est-ce la recherche de la photo qui a provoqué le voyage ou l’inverse ?

Jean Laurent Cassely décrit d’ailleurs une compétition « un poil fatigante » pour être en dehors des sentiers battus.

Authenticité, du vrai, des rencontres, une expérience unique… très bien, je coche toutes les cases du Windsor. Est-ce que l’hôtel Windsor est dans la top liste des lieux à voir dans cette quête d’authenticité ? Non, car il me semble le Windsor est trop authentique pour figurer sur une telle liste… NO FAKE !

Mister W out [drop the mic]

Le livre : NO FAKE: Contre-histoire de notre quête d'authenticité, par Jean-Laurent Cassely, paru aux éditions Arkhê

Publié le: 
12/31/2019
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