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Mindhunter de David Fincher - Mister W

Zapper… Ça, c’était à l’époque de l’ancienne télé, quand la VOD n’existait pas encore. Mintenant, on parle de « binge-watching », terme anglais donc barbare (au sens antique d’étranger). Sur Netflix, vous prenez une série et vous risquez très fortement d’enchaîner plusieurs épisodes à la suite, au risque de faire une insomnie. Ce n’est pas le futur que j’imaginais. Bref.

La dernière « binge » remonte à Mindhunter, excellente série de David Fincher, pouvant être visionnée sur Netflix (of course).

 

Prenez deux flics, des tueurs en série, une ambiance 70’s. On peut penser à un classique comme Starsky & Hutch, mais pas du tout. Mindhunter n’a rien d’une série policière classique et en est la parfaite antithèse. Une narration longue et lente, beaucoup de dialogues, pas de poursuite, des affaires irrésolues ou presque (on connait déjà le méchant pour tout vous dire) et un scénario beaucoup intelligent et réaliste.

Du réalisme, oui. David Fincher mise tout là-dessus et vous emmène littéralement dans l’enquête et le profilage des violents meurtriers dont il est question. La série met en scène l’histoire « vraie » de la création de l’unité des sciences comportementales du FBI et la naissance du profilage : interroger les meurtriers,  un portrait psychologique, essayer des dresser des schémas et leur mode de fonctionnement, pour mieux les identifier. On assiste donc à la naissance du terme de « serial-killer ». Sociologique et psychologique, Mindhunter est trèèèèès loin d’Esprits criminels où l’intrigue dure 2 secondes et demi, nous avons affaire ici à des cas réels : David Berkowitz, le "fils de Sam", Ed Kemper, "l'Ogre de Santa Cruz" ou encore Charles Manson.

David Fincher, producteur et réalisateur à temps partiel de la série, prouve encore une fois son talent pour les enquêtes « réalistes » (décidément, j’aime ce mot). Il y avait eu Zodiac, où les échanges entre personnages faisaient monter la tension de façon insoutenable, et une enquête qui ne débouche pas sur un « le-meurtrier-est-dans-cette-pièce-et-je-vais-vous-dire-qui-c’est ».

Des dialogues, très longs, un vrai travail de terrain pour décrire un monde, celui des serial-killers. Et une vraie passion pour le sujet, bien sûr.

D’ailleurs, David Fincher arrive très bien à remettre en question la responsabilité de la société dans cette fresque teintée de psychiatrie et d’anthropologie. Je finirais par la fameuse phrase que Charles Manson rétorque aux policiers qui l’interrogent : "Je suis fatigué d'être votre bouc-émissaire, d'être votre reflet. Je ne suis que ce que vous voulez que je sois."

Une série policière intelligente qui ne ressemble pas une série policière, ça change non ?

Mister W

©photo : capture ecran youtube

Publié le: 
11/28/2019
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